vendredi 16 mai 2014

Du 23 avril au 08 mai - De l'or et du café

Par Emilie, 

Une heure et demie... et nous voici déjà en Amérique du Sud ! Dernier morceau de notre aventure mais pas le moindre... Ce nouvel épisode commence avec la Colombie !
Pour nous, européens, la Colombie est un pays dominé par la violence, les cartels de la drogue et la guérilla. Mais c'est l'autre facette de la "Locombia" ( folle Colombie), celle aux visages de Colombiens accueillants, de paysages à couper le souffle... qui nous pousse à découvrir le pays.

C'est à Bogotà, la capitale, que nous atterrissons. Force Orange et Force Noire doivent nous rejoindre demain après-midi. Nous nous installons dans un hôtel de la Candelaria, vieux quartier de la ville. Un mail de Veronica, notre agent pour l'envoi des motos, nous attend. Ça commence bien, le vol des motos est annulé et reporté à samedi.  Bon, le point positif ( il faut bien en trouver un !) nous serons plus tranquilles pour visiter la ville. Mais LE point négatif, c'est que Auré et moi n'avons pas d'affaires de rechanges !! Juste quelques sous-vêtements. Ca va être long jusqu'à samedi!!

La Candelaria, ses ruelles empierrées et pentues, ses maisons aux façades colorées et aux balcons coloniaux, devenues lieux culturels et intellectuels (universités, bibliothèques...).









Superbes églises coloniales



La Plaza Bolivar


Bogotà compte de nombreux musées dont le somptueux Museo del Oro. Le musée possède une collection impressionnante d’orfèvreries de l'époque précolombienne. Le travail du métal et les minuscules détails sont incroyables. La visite nous plaît beaucoup.








Autre musée célèbre de la ville, le musée Botero, du nom du peintre colombien, spécialiste de l'art du circulaire et dont les œuvres rendent hommages aux rondeurs.






C'est l'occasion de goûter de nouvelles spécialités comme les arepas. Sorte de galettes de maïs, il y a la version chorizo posé dessus ou la version fourrée à ce que tu veux ! C'est très bon.


Le temps d'un "tinto" (café noir) et nous sommes déjà samedi, prêt à récupérer Force Orange et Force Noire. Nous avons rendez-vous à 15h avec Lyncargo au terminal de fret. Après quelques instants de recherche de notre contact, celui-ci nous annonce la deuxième "bonne" nouvelle : l'avion qui transportait nos motos a eu un problème technique et a dû se poser d'urgence à Medellin!! Bientôt nous pourrons sortir un livre sur toutes les galères de l'envoi de motos en avion. Pourtant, Mami (de chez Maria au Costa-Rica) nous avait fait une bénédiction avant notre départ...
Nous repartons, dépités avec un nouveau rendez-vous lundi 8h.

Nous passons notre dimanche à errer, nous saturons de la ville. L'autre côté de Bogotà c'est la misère et ses nombreux mendiants qui déambulent dans les rues, le bruit incessant des voitures, la pollution...

Lundi matin à 7h00, nous sommes au terminal de cargo, le temps d'un café et d'un donut, puis nous retrouvons notre contact. Les motos sont là, dans l'entrepôt juste à côté, mais avant de les récupérer il faut passer par la case Douane. C'est long, très long... à 11h00, nous sortons ENFIN les motos et quittons Bogotá.


Ça fait du bien de reprendre la route, les paysages changent rapidement et les immeubles laissent place à la verte campagne colombienne. Notre première étape sera courte, seulement 60 km, et nous arrivons dans le village de Guatavità. Joli petit "pueblo" en bordure de lac et aux maisons toutes peintes de blanc.






Une journée bien chargée nous attend, avec en premier lieu l'ascension jusqu'à la Laguna de Guatavita. Lieu où se mêle culte et mythe, c'est ici que commence la légende de l'El Dorado.
Selon les indiens Muiscas, le lac sacré de Guatavita était habité par la déesse de l'eau Chie. L'histoire raconte que le Cacique (chef spirituel) nu et recouvert de poudre d'or, accompagné de quatre prêtres, se rendait au milieu du lac sur une barque en bois. De là, il s'immergeait complétement tandis que la foule sur la rive jetait dans le lac les plus beaux objets et bijoux en or.



La légende fût vite enjolivée et lorsqu'elle vînt aux oreilles des conquistadors, c'est le mirage de toute une cité d'or qu'il fallait retrouver, donnant lieu à une sanglante course aux trésors.



La Laguna est absolument sublime, avec ses eaux aux couleurs changeantes comme la météo.


Pause déjeuner "arepa de queso".




Notre route nous conduit à Villa de Leyva, pueblo aux façades blanches, aux portes et fenêtres en bois, avec de beaux balcons fleuris.




La place principale, totalement pavée, est immense. C'est un lieu agréable pour déguster un bon "tinto".







Nous rencontrons Glen, motard australien, retraité cela fait 2 ans qu'il parcourt l'Amérique du Sud et ne compte pas s'arrêter là ! Suivez le ici. Nous partageons un bon repas en se racontant nos aventures, ce sont toujours de bons moments.


Nous partons visités les environs de Villa de Leyva. Nous nous arrêtons au musée El Fosil, où l'on admire un impressionnant fossile de 20m d'un Kronosaurus datant de 120 millions d'années.





Nous prenons la direction du Monastario Santo Ecce Homo, dédié au silence et à la méditation.






Un bon poulet dégusté à la mode colombienne


Et nous repartons dans le passé avec la visite du musée Paléontologique. Abrité dans un ancien moulin à blé, le musée expose une jolie collection de fossiles datant de 120 millions d'années. Ce sont tous des fossiles marins car la vallée était autrefois recouverte par les océans.





La route aujourd'hui va être longue et semée d'embûches. 300km de routes de montagnes entrecoupées de quelques morceaux de pistes nous sépare de notre prochaine étape, le pueblo El Cocuy. Nous partons tôt, mais sommes vite arrêtés par des militaires nous expliquant qu'un mouvement de gréve ("paro") bloque la route. Finalement, un groupe de policiers décident de nous escorter et de demander aux grévistes un droit de passage pour nous, touristes! Et ça passe...Jusqu'au prochain! Nous descendons des motos et discutons avec les grévistes. Ce sont des agriculteurs qui dénoncent la concurrence déloyale des produits importés du Venezuela. Leurs prix sont bien inférieurs à ceux que peuvent pratiquer les Colombiens et comme l'état n'impose aucune taxe sur ces produits importés, les Colombiens ne peuvent pas lutter. Finalement, ils décideront de nous laisser passer et même se bousculeront pour nous donner le meilleur itinéraire. Des gens bien sympathiques qui demandent juste à être entendus.

Nous arrivons finalement à El Cocuy,  petit pueblo tout de vert et de blanc, perché à 2800 m d'altitude. Ambiance calme et détendue, ici tout le monde se connait et discute assis sur la place de l'église, on se croirait presque au village...Seule différence la mode locale, poncho de laine et chapeau.






El Cocuy c'est surtout son parc national. Malheureusement, une grande partie du parc est fermé. Une bonne section du parc appartient aux indiens Tinebos qui faute d'entente avec les dirigeants du parc ont fermés l'accès à leurs terres. D'autres sentiers sont inaccessibles à cause de la neige tombée en abondance. Il nous reste peu de choix et après une longue réflexion nous optons pour le trek des Lagunillas.

Mais avant l'ascension, il faut prendre des forces avec un vrai repas de montagnards composé de soupe de tripes, de chèvre rôtie, d'une poêlée de rognons et quelques pommes de terre, riz et un bon jus de guayaba pour faire passer le tout.


Nous montons au départ de la randonnée en motos, 30 km de pistes aux décors sublimes.





 Malgré l'altitude ( 4200m ), nous avançons bien et profitons pleinement des magnifiques paysages. Le sentier nous mène à travers une succession de lagunes.






Laguna Pintada


Laguna Cuadrada








 Laguna La Parada



Lézard endémique du parc



Le "Frailejon", plante emblématique du panorama



C'est reparti, nous reprenons la route de montagnes puis...encore bloqués par une "paro". Et encore une fois ça passe avec un petit coup de pouce de la police. Nous empruntons la route entre Santa Rosita et Mogotes, 80 km non asphaltés mais en assez bon état. Les vertes montagnes offrent une vue splendide. Nous traversons de petits villages où l'on travaille la laine, qui sèche le long de la route.












Le pneu arrière de Force Orange est déjà bien usé mais la piste l'achève. Ça glisse à chaque virage, puis ce qui devait arriver...arriva!



Nous arrivons à San Gil après 8h de routes. San Gil ce n'est plus un village mais bien une petite ville avec ses centres commerciaux. Le lendemain, nous visitons le très joli pueblo Barichara.
Comme dans chaque village, la pierre habille les chemins et les églises.


Les maisons aux murs blanchis à la chaux.


La 4L est partout en Colombie












Il faut absolument que l'on trouve des pneus, sur les conseils d'un motard colombien nous partons sur Medellin. La route est un enfer de camions, de travaux et même un pont écroulé, nous mettrons deux jours pour rallier la ville.


C'est chez Vincent, à la Yellow House, que nous posons nos polochons. Africa Moto est un garage bien connu sur Medellin. Dès l'après-midi nous passons les voir, le rapport avec Andres ( le patron) et Andres ( le mécano) est excellent. Ils ont tout ce qu'il faut, nous prenons une paire de Continental TKC 80 pour chacunes. Force Noire se fait reconditionner son amortisseur arrière mort. Nous prenons quelques pièces de rechanges, plaquettes de freins arrières, filtre à air et à huile.



Auré en profite pour s'occuper de l'embrayage de Force Orange qui a montré quelques faiblesses ces derniers jours. L'émetteur fuit, nous en avons un autre de rechange. Le tout fait sur le trottoir devant l'hôtel.


 Il nous reste même un peu de temps pour visiter la ville. Les rues sont remplis de marchands ambulants, une foule impressionnante sillonne la ville.






Palacio de la Cultura

Plaza Botero, le célèbre peintre occupe une place particulière dans le cœur des colombiens.
Auré et son nouvel ami barbu.




Medellin était pour nous une pause mécanique, les motos sont prêtes à repartir. Le triangle du café nous attend, mais avant, une bonne soupe...avec toujours une petite surprise dedans !!





















5 commentaires:

  1. coucou,oh! oh! la soupe berk les pates de poulets berk berk , je vois que vous les avez pas mangés ...ah! la Colombie c'est très colorés , il y a même des paysages qui me font pensé à la corse , en tout cas vous nous donnez une autre image de la Colombie et c'est magnifique , j 'aime bien ce que fait le peintre Botero j'avais vue sur des magazines ces œuvres et ça m'avait plu ,que du bonheur , je vous embrasse tout les trois très fort

    RépondreSupprimer
  2. Jamy le Dépanneur16 mai 2014 à 15:50

    Quel que soit le narrateur nous sommes conviés, en vous lisant, à de biens sympathiques moments !!!
    Superbes images de randonnée qui m'ont donné des fourmis dans les jambes !!!

    RépondreSupprimer
  3. que de couleurs c'est très chouette!!!!! paysages sublimes!!! bref que du bonheur de vous voir et vous lire!!!! bonne route a vous 3 et à bientôt gros bisous House& Lorenzo

    RépondreSupprimer
  4. Passionnants récits accompagnés d'images époustouflantes! continuez à nourrir notre esprit
    de votre expérience unique!

    RépondreSupprimer
  5. Corinne et Francis de Toulouse12 juin 2014 à 21:36

    Nous vous suivons depuis le début de votre épopée . Ce que vous faites est formidable, et c'était le moment de la faire, des souvenirs merveilleux et impérissables, que d'histoires à raconter l’hiver au coin du feu ou l'été avec une bonne bière en mains .

    RépondreSupprimer